La contrepèterie est un jeu de mots consistant à permuter certains phonèmes ou syllabes d'une phrase afin d'en obtenir une nouvelle,
présentant alors un sens indécent masqué par l'apparente innocence de la sentence initiale.
Jusqu'au début du XXe siècle, les termes antistrophe et équivoque étaient également employés comme synonymes. Citons Joël Martin qui se plaît à définir le contrepet comme « l'art de décaler les
sons que débite notre bouche ».
Exemple : « Le tailleur est submergé sous les amas de patentes » devient, en permutant les sons P et M : « Le tailleur est submergé sous les appas de ma tante ».
L'usage veut qu'on ne donne jamais la solution d'une contrepèterie, chacun devant la trouver lui-même. Le faire comme au début de ce paragraphe serait en société une très grave faute de goût. On dit qu'il faut être trois pour apprécier une contrepèterie : celui qui l'énonce, celui qui la comprend, et celui qui ne la comprend pas.
Notons bien que c'est le son et non l'orthographe qui compte et qu'aucune femme n'aurait donc lieu de se plaindre « de ne pas connaître d'orgie sous un tel marasme ». Ajoutons aussi que cette correspondance de sons doit être stricte ; des cas tels que « J'ai une engelure qui m'empêche de fuir ! » restent exceptionnels. De même on ne saurait admettre « Le ministre des finances trouve toutes les baisses faisables », épinglée (mais publiée) par Le Canard enchaîné, ni une autre qui lui a échappé : « On voyait la ribaude de la tente aux festons » puisque « teston » en ancien français n'a jamais été confondu avec « téton ».
Le journal Le Canard enchaîné est célèbre pour sa sélection hebdomadaire de contrepèteries dans la rubrique intitulée Sur l'Album de la Comtesse. Créée par Yvan Audouard en 1951, elle fut notamment reprise par Henri Monier puis par Luc Étienne à partir de 1957 et enfin par Joël Martin depuis 1984